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Dans un article récemment publié dans PloS ONE, le jeune chercheur Stéphane Buhler de l'équipe d'Alicia Sanchez-Mazas montre que la diversité des gènes majeurs d'histocompatibilité humaine (HLA) serait en partie le résultat d'un avantage sélectif des populations dans la lutte contre les pathogènes au cours de leur évolution. (Click to read more or less)

HLA-A2Les gènes HLA exercent des fonctions centrales dans le système immunitaire humain. En raison de leur polymorphisme élevé, ils conditionnent les transplantations tissulaires et notamment celles des cellules souches hématopoïétiques essentielles au soin des leucémies. L'étude de leur diversité permet donc à la fois d'améliorer les recherches de donneurs compatibles dans les centres de transplantation, et de comprendre comment un tel degré de polymorphisme a été engendré et s'est maintenu au cours de l'évolution humaine. Dans cette étude, le tandem a examiné la variation moléculaire de 7 gènes HLA chez plus de 23,500 individus de 200 populations humaines réparties à l'échelle mondiale. Il montre que la plupart des populations ont accumulé des allèles moléculairement très divergents, ce qui suggère un avantage des hétérozygotes porteurs de molécules HLA distantes entre elles du point de vue fonctionnel (sélection balancée asymétrique). Cela aurait permis aux populations de se protéger plus efficacement dans des environnements riches en pathogènes.

Buhler, S.; Sanchez-Mazas, A. (2011) HLA DNA Sequence Variation among Human Populations: Molecular Signatures of Demographic and Selective Events, PLoS One , 6(2):e14643, Link.

Les humains ont-ils évolué en changeant de mode de subsistance ? En collaboration avec Audrey Sabbagh, de l'Université Paris Descartes, Pierre Darlu, du MNHN, et Brigitte Crouau-Roy, de l'Université Paul Sabatier, nous avons examiné l'hypothèse selon laquelle la transition, durant les 10'000 dernières années d'évolution humaine, d'un mode de subsistance basé sur la collecte de nourriture à un mode reposant principalement sur sa production (Néolithique) aurait eu pour conséquence l'apparition de pressions de sélection nouvelles, en particulier sur la variabilité de l'enzyme NAT2. (Click to read more or less)

L'enzyme NAT2 (arylamine N-acétyltransférase 2) joue en effet un rôle important dans la détoxification de substances étrangères à l'organisme (xénobiotiques). En agissant ainsi à l'interface entre l'organisme et l'environnement, elle constitue une cible potentielle de pressions sélectives spécifiques aux populations, puisque celles-ci évoluent dans des environnements chimiques très variables (dans le régime alimentaire, le climat, le mode de vie, etc). Le polymorphisme d'acétylation de NAT2 est connu depuis près d'un demi-siècle, du fait de son rôle dans le succès/échec thérapeuthique du premier traitement anti-tuberculeux effectif, l'izoniaside. Il a été démontré que les différences inter-individuelles dans la capacité d'acétylation étaient dues à des substitutions non-synonymes dans le gène NAT2, parmi lesquelles les substitutions responsables du phénotype d'acétyleur lent. Ce phénotype a une prévalence mondiale élevée (supérieure à 50%), mais très variable entre populations. Dans cette étude, nous avons comparé, à l'échelle mondiale, la variabilité des génotypes et des phénotypes NAT2 entre populations ayant adopté des stratégies de subsistance différentes (chasseurs-cueilleurs, agriculteurs, éleveurs). En accord avec l'hypothèse d'une modification du régime sélectif agissant sur NAT2 lors de la transition néolithique, nos résultats indiquent que la fréquence du phénotype d'acétylation lent est deux à trois fois plus élevée dans les populations agro-pastorales que dans les populations dont la subsistance repose traditionnellement sur la chasse et/ou la collecte. Ces résultats laissent supposer qu'un ralentissement de la vitesse d'acétylation ait représenté une adaptation à la transformation de l'environnement chimique impliquée par l'adoption de nouveaux modes de subsistance.

Sabbagh, A.; Darlu, P.; Crouau-Roy, B.; Poloni, E.S. (2011) PLoS One , 6(4):e18507, Link.

AGP in brief

The Laboratory of anthropology, genetics and peopling history (AGP lab) investigates the genetic history of present human populations through the molecular and statistical analysis of various genetic polymorphisms (classical markers, HLA and other immune response-related polymorphisms, mtDNA sequences and SNPs, Y-chromosome SNPs and STRs, nuclear STRs, polymorphisms of drug-metabolizing genes, among others).
It also uses an interdisciplinary approach focusing on the comparison of genetic data with linguistic, archaeological and other cultural information, as well as computer simulation analyses to test alternative scenarios of modern human migrations and history.
The lab is also involved in the history of anthropology and the evolution of concepts related to human races.

The AGP participates to several courses and seminars of the Biology section (biomathematics, evolution, human biology, molecular population genetics, biological and cultural anthropology, methodology in biological research, computer skills in biological research). It also supervises students for their bachelor, master and phD theses in biology and biological anthropology.

Key-words : Population genetics, human genetic polymorphisms, evolution, anthropology, human peopling history, interdisciplinary studies, human races, computer simulation.

Head

Alicia Sanchez-Mazas (full professor)

Principal investigators:

Alicia Sanchez-Mazas (full professor), Estella S. Poloni (biologist and lecturer), Mathias Currat (master of teaching and research), Ninian Hubert van Blyenburgh (lecturer)

Other team members:

Bio-mathematician and computer scientist: José De Abreu Nunes
Scientific collaborators: Stéphane Buhler, Christelle Vangenot, Mona Schreiber
Laboratory technician: Barbara Kervaire
Current PhD students: Maria-Eugenia Riccio, Di Da, Claudio Quilodran
Current master students: Mélanie Arcangeli, Mélanie Cuénod

Past students and collaborators:

Rute Bucho, Yann Beyer, Coralie Frassati, Pascale Gerbault, Céline Moret, Mélissa Rahal, Silvia Sebastiani, Lam Le Thanh, Johan Renquin, Fabien Ries, Fabio Redha.

Last publication:

(2011) Strong reproductive isolation between humans and Neanderthals inferred from observed patterns of introgression.

Currat, M.; Excoffier, L.

Proceedings of the National Academy of Science of the USA (Link).

(2011) Immunogenetics as a tool in anthropological studies.

Sanchez-Mazas, A.; Fernandez-Viña, M.; Middleton, D., Hollenbach, J.A.; Buhler, S.; Di, D.; Rajalingam, R.; Dugoujon J-M.; Mack, S.; Thorsby, E.

Immunology (Link).

(2011) Challenging views on the peopling history of East Asia: the story according to HLA markers.

Di, D.; Sanchez-Mazas, A.

American Journal of Physical Anthropology (Link).

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